la MUSICOTHÉRAPIE… c’est quoi ?

Tout le monde a une idée sur ce qu’est la musicothérapie. Tout le monde en parle facilement, car il a vu, entendu quelque chose à ce sujet, et comme il y a thérapie dans musicothérapie, c’est sûrement que l’on doit pouvoir soigner quelque chose avec de la musique…

Quand j’ai commencé à m’intéresser à ce sujet, j’étais prof de musique en collège et en école de musique et déjà ce qui me posait le plus de questions dans mes différents cours, c’était: 

               – Comment celui à qui je cherche à apprendre: l’histoire des musiques du monde, la pratique du chant, de la musique ou du trombone, comment cet enfant ou cet adulte fait-il pour comprendre ou ne pas comprendre ce que je veux lui transmettre?

               – Comment fait-il pour recevoir toutes ces informations nouvelles?

               – Comment fait-il pour s’y intéresser?

               – Comment fait-il pour réellement entendre ce que je lui dis et surtout comment fait-t’il pour l’adapter à sa propre façon de comprendre et de faire? 

 

Mes orientations professionnelles ont toujours été construites sur ces mêmes questions, mais à l’époque, ayant arrêté mes études au niveau Bac et avec seulement 2 prix de conservatoire en poche, je n’avais que mes lectures et mes propres expériences pour chercher des réponses.

J’essayais  les méthodes dites actives, Kodaly, Willems, Orff, Dalcroze, je lisais  Merlo-Ponty, Husserl, Laing, Adler… et je voyais bien qu’il y avait « autre chose » entre moi, la musique et l’apprenant.

Cet « autre chose », cet « entre deux », c’est avec ma formation à l’ AMBx (Atelier de musicothérapie de Bordeaux) et surtout la rencontre avec Gérard Ducourneau que j’ai réellement pu l’aborder et le comprendre.

C’est dans cette formation à l’AMBx, qui n’était ni universitaire, ni psycho, ni médico que j’ai compris que l’on ne fait pas de la musicothérapie uniquement parce que l’on a un statut de thérapeute et que l’on fait quelque chose avec de la musique ou bien encore, parce que l’on est musicien et que l’on fait quelque chose avec de la musique à l’hôpital.

C’est dans cette formation aussi que j’ai compris que l’on apprends pas à faire de la musicothérapie uniquement avec des méthodes, des techniques et des outils musicaux mais que l’on devient musicothérapeute en transformant nos propres fonctionnements relationnels, à nous même, aux autres et au savoir.

j’étais alors musicien et prof de musique, et c’est dans cette formation que j’ai compris que l’on pouvait parler vraiment de musicothérapie, non comme d’une pratique d’art thérapie, ni comme un soin utilisant de la musique, mais comme un accompagnement thérapeutique utilisant tous les éléments du sonore/musical parce que constitutifs eux-même du langage, de la communication et par là donc de la construction même de la personne.

Pour finir aujourd’hui, et me permettre d’être encore plus clair et précis sur ce que j’entends par musicothérapie, en voici une définition très complète de Gérard DUCOURNEAU (AMBx),

 

 

LA MUSICOTHERAPIE

La musicothérapie est une méthode qui associe différentes techniques faisant appel aux éléments de la musique et du monde sonore.

Elle permet l’exploration de l’univers émotionnel et affectif, elle tente d’ouvrir des « canaux de communication », ce qui donne à des sujets souffrant de blocages profonds, une possibilité d’ouverture vers l’extérieur.

Elle s’adresse, en priorité, aux personnes les plus démunies, hors communication compréhensible, en souffrance excessive.

C’est le cas de ceux avec lesquels une thérapie du type psychomotricité, ergothérapie, orthophonie, psychothérapie, peut difficilement s’établir, leur isolement étant trop important.

C’est aussi le cas des personnes moins gravement handicapées mais très en retrait sur le plan de la communication.

Enfin, cette thérapie s’adresse aux sujets souffrants de désordres spatio-temporels, de troubles de la pensée, de troubles de l’affectivité, finalement pour tout ce qui entraîne le syndrome d’isolement que l’on retrouve dans les classifications génériques que sont le déficit intellectuel et la psychose.

D’autres formes d’isolement se repèrent aussi dans le domaine de l’éducation et de l’apprentissage.

Problème d’instabilité, de comportement agressif, d’émotivité excessive, de manque de confiance en soi; problèmes de communication (bégaiement, retard de langage, lié souvent à un mal-être dans les relations familiales).

L’application de la musicothérapie à la rééducation permet alors de ne pas déplacer le symptôme (« échec scolaire »); proposant une autre forme d’action où le sujet ne sera pas confronté à sa difficulté, et en atteignant la personne dans sa totalité, elle tentera de lui faire prendre conscience de ses potentialités et de ce qu’il a à exprimer.

 

Merci pour votre patience et votre écoute.

Dans le prochain article, nous découvrirons comment je suis devenu prof de musique au collège et comment j’ai continué à construire les bases de la méthode MUANCES.

à bientôt.

Jean-Claude

Lecture:   – Cadre et trouvailles en musicothérapie – Stéphane FELLONNEAU, éditions du Non Verbal, 2005

  Ces dernières années, la musicothérapie a pris une place considérable parmi les disciplines qui  ont l’ambition d’aider les personnes  ayant des difficultés de communication, de perception, de  compréhension et d’expression. Elle permet, à travers le son, les  vibrations  et les résonances  internes, de fracturer l’isolement. Nous savons ô combien, qu’aujourd’hui chaque vécu, chaque  histoire, chaque  événement peut placer chacun de nous en marge de notre société, de notre  propre vie. Ils peuvent nous éloigner de la relation à l’autre  et construire des « tours » de silence,  de répétitions et de souffrances difficiles à fissurer… y compris à travers le champ verbal.

 C’est là que la musicothérapie peut venir prendre place, en exploitant, en réveillant des zones que  l’on croyait inexistantes. Elle offre la  possibilité à chaque individu de faire émerger l’inexplicable, « l’impossible » à dire, d’ouvrir ou de restaurer des canaux de communication  qui engageront l’individu sur la voie du soulagement, de la réparation, de la construction et du changement. Telles sont les vertues de la musicothérapie

Dans ce livre, Stéphane FELLONNEAU nous dévoile avec minutie son travail, ses expériences, ses « trouvailles » et ses réflexions. Il nous fait partager sans retenue son cheminement didactique à travers une interprétation singulière des fondements de la discipline et des observations cliniques puisées auprès de jeunes inscrits dans ses ateliers sonores.

Ce faisant, l’auteur s’expose avec beaucoup d’authenticité et d’humilité. L’ensemble contribue à saisir d’une manière fort utile que l’exploitation du champ non-verbal peut être le point de « bascule » nécessaire permettant au sujet de se construire. La musicothérapie prend de ce fait une place majeure et complémentaire des autres disciplines psychothérapeutiques.


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