Accueillir, écouter, communiquer…

Bonjour à tous,

Quelques temps ont passés avec d’autres activités… activités de printemps… de jardin… ou encore périphériques à d’autres activités artistiques… et aujourd’hui, je vous retrouve avec trois petits mots simples que tout le monde comprend… 

Trois petits mots d’une extrême importance dans la pratique des métiers de l’accompagnement social, pédagogique et thérapeutique:

 AccueilEcoute et Communication.

 

Trois petits mots encore, qui comme tous les mots de notre bagage langagier aiment bien prendre de temps en temps une place prédominante, une petite place en avant, seuls et bien dissociés les uns des autres, afin de nous permettre de mieux les étudier, de mieux les comprendre pour enfin et souvent tenter de les expliquer aux autres et parfois aussi à nous-mêmes.

Quand j’ai eu l’idée de ce blog/journal, j’ai cherché un peu comment le réaliser… son support… sa forme…. et pour son contenu, j’ai aussi commencé à noter quelques thèmes qui me paraissaient intéressants à aborder.

Musicien, musicothérapeute, et ayant construit un stage de formation sur une approche de nos fonctionnements relationnels (Du Souffle à la Création), l’écoute et  la communication étaient forcément en premières lignes de ma liste.

Puis j’ai commencé à travailler un peu ces 2 sujets… dans un sens, dans un autre, et un autre encore…

Mon idée au début était assez évidente: Développer quelques lignes sur l’écoute dans un premier article, puis en toute logique d’en faire de même dans un autre, sur la communication.

Mais à ma grande surprise, ça ne s’est pas passé ainsi…

Chaque fois que je voulais reprendre la rédaction d’un de ces sujets, impossible de faire aboutir une idée sur l’un de ses mots, sans que le deuxième y prenne sa place, et pire encore, qu’un troisième vienne à tout moment s’imposer aux deux autres: l’accueil .

Je voulais rédiger 2 articles, en deux thèmes bien dissociés, l’écoute, la communication, un troisième était envisageable avec ce nouveau thème de l’accueil, et finalement en voici un seul, réunissant ces trois petits mots de mon titre: Accueil, écoute et communication… ou plus justement:

Accueillir, écouter, communiquer

 

J’avais effectivement, et nous en avons tous, plein de belles analyses et de belles images pour illustrer ces petits mots isolés, ces trois sujets forts et bien définis.

Mais finalement, après plein de petits essais qui ne me convenaient pas, me voilà bien obliger de constater que ces 3 mots: Accueillir, écouter et communiquer, ne sont apparemment que trois éléments constituants et indissociables d’une seule attitude dans la relation à « l’autre »

Et si je me permet de penser que cette position, cet état d’être par rapport à « un nouveau » (personne, idée, savoir, etc.) entrant dans la sphère de nos propres fonctionnements puisse être un élément essentiel du développement de toute personne, quand est-il dans le contexte de l’activité du professionnel de l’accompagnement

Qu’en est-il de cette position,

de cette place toute particulière,

de cette position de maître, de thérapeute ou de conseiller?

– Si communiquer veut dire mettre en commun pour construire ensemble un « nouveau » où chacune des deux parties en présence amène des éléments… ses éléments,  est-il possible de réellement communiquer sans écouter l’autre dans sa totalité et sa différence?

– De même, suffit-il de faire silence pour écouter réellement l’autre sans l’accueillir, c’est à dire, lui donner non seulement l’espace nécessaire pour s’exprimer mais aussi l’envie de s’exprimer, et donc aussi communiquer avec lui et lui communiquer cette possibilité ?

– Enfin, est-il possible de se positionner en tant que « aidant » d’une personne, sans l’écouter elle plus que nous-même, sans lui permettre de s’exprimer elle plus que nous-même, sans lui donner donner plus à elle qu’à nous-même la possibilité d’expérimenter ses propres chemins plutôt que nos solutions?

– Et donc, en situation d’accompagnement pédagogique, sociale ou thérapeutique, ne devons nous pas toujours laisser passer cet autre devant nous car n’est-il pas là pour qu’on l’aide simplement à passer ailleurs, passer un seuil, une porte, poser quelque chose de son histoire?

Accueillir l’autre ne consisterai donc pas de seulement de lui montrer belles figures (savoirs, compétences, et lieux agréables) mais plutôt savoir avant tout  lui ouvrir la porte, et faire en sorte de lui laisser la place, sa place. 

 » Accorder de la valeur à l’autre et être concerné par sa situation, voilà qui représente deux composantes essentielles de l’altruisme. Lorsque cette attitude prévaut en nous, elle se manifeste sous la forme de la bienveillance envers ceux qui pénètrent dans le champ de notre attention et elle se traduit par la disponibilité et la volonté de prendre soin d’eux. »

(Matthieu RICARD  « Plaidoyer pour l’altruisme » Ed. Nil)

 Pouvons-nous apprendre cette « position d’être » dans une formation professionnelle

ou devons nous déjà avoir cette disposition, cette disponibilité à l’autre

pour nous engager dans une formation à l’accompagnement?

« Le développement d’un homme n’est possible que si nous supposons que dorment en lui des capacités qui peuvent être éveillées. »

(Walter HOWARD « Musique et Culture » Ed. PUF)

 Pouvons-nous « avoir la vocation » et donc être appelé à cette activité car dans nos propres modes de fonctionnements il y a déjà quelque chose de « cette attitude » , de cette position nécessaire que nous devrons travailler et enrichir d’autres compétences?

Ou pouvons-nous « avoir vocation à… » c’est-à-dire être qualifié pour exercer cette activité (car nous avons suivi des formations pour cela), et en complément, faire ce travail de « développement personnel » qui nous permettra de transformer nos propres fonctionnements relationnels pour aboutir à cette position nécessaire? 

Je vous laisse à vos propres réponses…

Personnellement et s’agissant bien de ces activités toutes particulières que sont les professions de l’accompagnement, j’ai déjà formulé quelque part dans une de mes présentations de stages qu’il m’était difficile d’imaginer une formation à l’accompagnement sans une réelle transformation personnelle.

Dans toute profession nous devons acquérir un certain nombre de savoirs. Il est évidemment  nécessaire d’apprendre à utiliser des outils, des méthodes, des protocoles, mais pouvons nous exercer une activité d’accompagnement d’une autre personne sans se poser la question de nos propres fonctionnements et de notre position face et avec l’autre?

Et ce sera tout pour aujourd’hui…

Merci pour votre présence et à bientôt,

Jean-Claude

Lecture:  – Les origines du savoir –  RAndré GIORDAN – Gérard de VECCHI, éditions Delachaux et Niestlé (1987).

Navigation dans le blog:

  •  pour consulter les pages et articles précédents, il y a un petit bouton carré fait de traits superposés, en haut à droite de chaque page.
  • Vous pouvez aussi cliquer sur le lien du précédent article, tout en bas de page, à gauche.
  •  Ou sur le lien de l’article suivant, tout en en bas de page, à droite.

Participez au blog:

  • Inscrivez vous dans l’encart blanc ci-dessous.
  • Partagez le blog avec vos amis en utilisant les boutons placés sous l’inscription.
  • Pour laisser un commentaire contactez-moi par mail car j’ai du supprimer la fenêtre commentaires à cause d’une intrusion massive de pub.

Profitez de mes expériences et de mes lectures en vous inscrivant gratuitement à ma newsletter

* indicates required

Laisser un commentaire